Monthly Archives: October 2014

Sois polie et tais-toi !

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C’est un petit coup de gueule aujourd’hui que je me permets sur ce blog.

Le but de « Comment tu t’habilles ? » est de porter un regard léger et, du moins en surface, optimiste sur les questions de genre. C’est pour cela que je m’attache plus à décrire des œuvres (films, livres, etc) qui portent un regard positif sur le féminin, le féminisme et les genres. Sur l’acceptation de l’autre.

Cela cache, bien entendu, une colère profonde envers la société qui a fait taire pendant si longtemps celle que je suis. La victime de violence d’abord, mais aussi la personne entière. Dans mes goûts, dans ma façon de me comporter, dans ma manière de vivre, qui ne correspondent tellement pas à « l’idéal féminin ». Je reste quelqu’un d’optimiste. Je pense toujours qu’on peut convaincre quelqu’un en lui faisant lire un livre ou regarder un film plutôt qu’en lui gueulant dessus (je suis très très très réfractaire aux mouvements conçus comme agressifs, et, surtout, j’évite de polémiquer pour polémiquer) J’admire les personnes qui savent se battre de front, et savent le faire intelligemment.

Mais ce n’est pas moi et je préfère rester polie et souriante, sans pour autant me faire marcher sur les pieds.

Cependant, je revendique le droit de gueuler, d’être ordurière, voire de dépasser mes limites quand un coup de sang me prend. Quand une parole me blesse ou me semble injuste.

J’ai le droit.

Même si les gros mots, « c’est moche dans la bouche d’une fille ».

J’ai su dire des gros mots avant, bien avant de dire mes faiblesses.

J’ai su dire des gros mots avant, bien avant de voir que j’étais une victime.

J’ai su dire des gros mots avant, bien avant de reconnaître mes forces.

J’ai su dire des gros mots avant, bien avant de savoir que j’étais une femme.

J’ai su dire des gros mots avant, bien avant de comprendre que ce n’était pas un défaut.

Beaucoup de gens se sont offusqués sous la vidéo ci-dessous qu’être ordurier (surtout quand on est une petite fille entre 6 et 13 ans… soit la tranche d’âge où on apprend les gros mots), desservait le féminisme.

Alors, la petite fille de 6 à 13 ans que j’ai été, et la femme féministe et fière que je suis aujourd’hui, vous dit, tout simplement :

Allez vous faire foutre.

Très amicalement 🙂

https://www.facebook.com/video.php?v=793691827336181&fref=nf

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Revue Web : Zen Pencils

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Aujourd’hui un petit focus sur le site “Zen Pencils”

It’s a website where inspirational quotes from famous people are adapted into cartoons.

Voici la description (le “pitch”) simple et direct du site, expliqué par son auteur, le dessinateur Gavin Aung Than. Illustrer des citations “qui font du bien” (ma propre définition de inspirational), citations faites par des artistes, hommes.femmes politiques et personnalités publiques diverses.

Certes Gavin Aung Than n’illustre pas uniquement des discours féministes ou antisexistes. Mais certaines de ses planches le sont. Par exemple celle sur Sir Ken Robinson (ici ce n’est pas le discours qui est spécifiquement antisexiste, mais bien l’illustration qu’en fait Aung Than), ou celle sur Maya Angelou.

Je vous conseille donc fortement, dans votre temps de procrastination, de découvrir ce très chouette site.

Les poupées, c’est pour les filles – L. Flamant & J-L Englebert

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Titre : Les poupées c’est pour les filles
Auteur : Ludovic Flamant / ill. Jean-Luc Englebert
Année : 2013.
Editeur : L’Ecole des Loisirs / Coll. Pastel.
Genre : Docufiction ?

Nombre de pages : nr.

Public : A partir de 8 ans.

Quatrième de couverture :

Le titre parle pour lui-même.

Avis :

Quand la tante un peu fofolle de la famille offre une poupée au petit frère, ça fait rire jaune les parents. Quand le petit frère veut promener “Cindy” dehors et pire, à l’école, là, plus personne ne rigole. C’est la honte !
Voici un sujet qui est terriblement d’actualité et souligne bien l’absurdité des réflexions parentales. Entre le qu’en dira-t-on (un garçon doit montrer qu’il joue avec des jouets de garçons) et la paresse (maman peut bien bricoler avec toi, après tout, les femmes aussi bricolent ! moi je suis occupé !), les auteurs dévoilent ce que les enfants savent déjà : les jouets, on peut les choisir sans réfléchir à savoir s’ils correspondent bien, socialement, à notre sexe. Bien entendu, on sait que les choix des enfants sont plus compliqués dans la vie, lobotomisés qu’ils sont par la publicité et par la pression sociale, mais je pense que le choix des auteurs est le bon : le sexisme de la séparation “jouet fille” et “jouet garçon” est un problème d’adultes, à régler par les adultes. C’est eux qui ont peur et c’est à eux d’agir, d’abord en prenant conscience de l’idiotie de leurs réactions, ensuite en soutenant leurs enfants avant de soutenir la société.
Bon, le livre ne va pas aussi loin dans la réflexion, mais cette lecture approfondie permettra aux parents (et aux tantes un peu fofolles) d’en prendre quelques leçons, autant que les enfants à qui ils en feront la lecture.

La princesse qui n’aimait pas les princes – Alice Brière-Haquet

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Titre : La Princesse qui n’aimait pas les princes
Auteur : Alice Brière-Haquet / Ill. Lionel Larchevêque
Année : 2010.
Editeur : Acte Sud / Coll. Encore une fois.
Genre : Conte revisité.

Nombre de pages : 39.

Public : A partir de 10 ans.

Quatrième de couverture :

Lorsqu’une princesse réussit enfin à faire une mayonnaise convenable, son père le roi décide qu’elle est désormais bonne à marier ! Mais c’était sans compter le caractère imprévisible de la dite princesse, qui refuse tous les prétendants qu’on lui propose. La fée est appelée en dernier recours, parviendra-t-elle à faire changer d’avis la princesse ?

 

Avis :

Voici un petit conte rafraichissant et optimiste qui tord le cou à plein, tout plein d’idées reçues sur le romantisme des princesses. De “bonne à marier” à l’attirance pour les “bad boys”, Alice Brière-Haquet découd et moque gentiment les préceptes éculés sur lesquels se fonde la littérature “pour petites filles” depuis des décennies. Et offre à son héroïne non pas le salutaire sauveur hétéro sur son cheval blanc, mais une fée multicolore chevauchant une licorne.
Ici, seuls les princes sont caricaturés, jamais méchamment, et le roi légèrement tancé, sans rancune, mais la princesse et sa fée, jamais. Du moins pas dans le sens où on pourrait attendre un conte lesbien.
Les illustrations de Lionel Larchevêque m’ont rappelé, à moi, les douces images de Mes Belles Histoires et de J’aime Lire, légères, rigolotes et avec souvent un double sens qui ne déplaira pas aux parents.

Un très joli cadeau à offrir à tous les enfants, filles ou garçons, amoureux des filles ou des garçons.
Un conte universel en somme.