Monthly Archives: January 2015

Femmes sans enfant, femmes suspectes – Colombe Schneck

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De par son histoire personnelle, Colombe Schneck, dont les grands-tantes, déportées, ont perdu leurs enfants à Auschwitz et ont choisi d’en avoir d’autres très vite après la guerre, a ressenti la maternité comme une évidence “liée à la vie même”. “Mère heureuse de deux enfants”, elle est néanmoins intriguée par celles qui ont fait le choix inverse. La journaliste et écrivaine s’interroge aussi sur le jugement sévère que la société porte sur ces femmes sans enfant, facilement taxées d’égoïsme, de narcissisme, de névroses diverses… Pour en savoir plus, elle a rencontré Marie-Laure, 50 ans, une esthéticienne vivant à Paris, Eva, une Allemande de 80 ans, et Orna, 37 ans, une Israélienne, auteure d’une thèse sur les mères qui regrettent d’avoir eu des enfants.

Documentaire diffusé par Arte et disponible en VAD et DVD (et aussi visible sur youtube, il me semble), Femmes sans enfant, Femmes suspectes, s’intéresse à cet étrange objet social qu’est la femme sans enfant. Deux choses m’ont poussée à voir ce documentaire : Colombe Schneck, dont j’apprécie la voix sur France Inter, et le fait que, moi-même, j’ai fait le deuil de mes non-enfants (ça arrivera peut-être, ça n’arrivera peut-être pas, mais je ne dramatise plus pour cela)
Le système des témoignages est intéressant. Après tout, laisser la voix aux personnes concernées est toujours le meilleur moyen de parler d’un sujet aussi sensible. Les autres études que j’ai pu entrapercevoir parlaient surtout de femmes carriéristes et/ou confrontées à un système social forçant à choisir entre travail et famille (Allemagne et Japon en étant les plus grands exemples), avec, toujours, ce point de vue dénigrant sur les femmes qui font le “sacrifice” de ne pas avoir d’enfants.
Ici pas de sacrifice, juste une non envie.
Les trois femmes, de trois générations différentes, qui témoignent, n’ont pas ressenti le besoin d’avoir des enfants et n’en ont pas de regret. Elles subissent les jugements de leurs familles, de leur entourage, de la société. Elles ont eu des enfances sans histoire. Elles sont normales.
Après, ce qui m’a peut-être un peu embêtée dans ce documentaire, c’est qu’il n’y a pas de témoignage sur ce deuil, ce “le temps est passé, je n’ai pas eu l’occasion d’avoir un enfant, et maintenant il est trop tard mais tant pis”. Le documentaire restant sur le mode du témoignage, il y a peut-être aussi un peu un manque de profondeur.
Mais tant pis, Femmes sans enfant, femmes suspectes est tout de même un beau morceau de télévision qui écrase un peu le mythe de la femme sans enfant égoïste et forcément malade.

On n’est pas des super héros – Delphine Beauvois et Claire Cantais

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Titre : On n’est pas des super héros
Auteur : Delphine Beauvois et Claire Cantais.
Année : 2014.
Editeur : La Ville Brûle.
Genre : Manifeste.

Nombre de pages : nr.

Public : A partir de 4 ans (site de l’éditeur)

Quatrième de couverture :

Parce qu’il n’est jamais trop tôt pour lutter contre les stéréotypes…
Parce qu’il n’est jamais trop tôt pour lutter contre les stéréotypes, la collection jamais trop tôt propose aux enfants à partir de 3 ans des albums qui ne tournent pas autour du pot.
Après On n’est pas des poupées, mon premier manifeste féministe, Delphine Beauvois et Claire Cantais repartent à la chasse aux stéréotypes. Sans périphrases ni métaphores,
mais avec beaucoup d’humour et de fantaisie, On n’est pas des super-héros pose les bases de comportements égalitaires et antisexistes.
Au fil des pages, des héroïnes et des héros malicieux fournissent aux enfants des clés pour grandir en s’affranchissant des stéréotypes de genre. Et s’il faut vraiment endosser l’habit d’un super-héros, ce sera pour mener le combat de l’égalité.
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Avis :
Le pendant de On n’est pas des poupées, aussi acheté au Salon de Montreuil le mois dernier. On n’est pas des super héros pourrait s’intituler “je suis fier d’être moi même si je ne correspond pas aux préceptes virils”. Pleurer, aimer, câliner, jouer à la poupée, voici les messages de soutien que les auteures du livre envoient aux petits garçons. Tout en incluant aussi le “non” et le respect des filles.
J’ai trouvé ce livre très intelligent même si je lui trouve les mêmes “défauts” (minuscules) que pour le premier volume, notamment un art qui ne parlera peut-être qu’à un public restreint. Ceci dit, il est rare de voir un livre antisexiste dédié aux garçons, et rien que cela est vraiment à souligner (il peut aussi être lu aux filles, bien entendu, puisque les livres n’ont pas de sexe, après tout ^^)

On n’est pas des poupées – Delphine Beauvois et Claire Cantais

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Titre : On n’est pas des poupées
Auteur : Delphine Beauvois et Claire Cantais.
Année : 2014.
Editeur : La Ville Brûle.
Genre : Manifeste.

Nombre de pages : nr.

Public : A partir de 4 ans (site de l’éditeur)

Quatrième de couverture :

Parce qu’il n’est jamais trop tôt pour lutter contre les stéréotypes…

un premier manifeste féministe destiné aux enfants à partir de 4 ans.

Pour la première fois, un album jeunesse s’attaque de manière très frontale aux stéréotypes de genre, sans périphrases ni métaphores, mais avec toute la fantaisie et la poésie apportées par les magnifiques illustrations de Claire Cantais, mêlant dessins, photos et découpage.
À l’arrivée pas de clichés, des clins d’œil au mouvement féministe qui feront sourire les adultes, et des héroïnes malicieuses qui, au fil des pages, permettent de déconstruire et de dénaturaliser les injonctions faites aux filles dès le plus jeune âge.

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Avis :

Acheté au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil (le stand de la Ville Brûle est un PARADIS), voici le premier de deux manifestes anti-sexistes à destination des enfants. Si le site de l’éditeur indique 4 ans, je pencherai plutôt vers un peu plus vieux. Ceci dit, c’est aux parents de voir.
En effet, On n’est pas des poupées n’aborde pas que le problème des jouets et du ménage, ce à quoi on réduit souvent l’éducation anti-sexiste pour les enfants. On y aborde aussi les rapports amoureux, le droit du corps, la maternité (ou non), etc. Il va relativement loin dans le féminisme, même s’il n’est pas incluant envers les enfants trans (mais très très très peu de livres le sont, y compris ceux à destination des adultes)
Je le trouve très chouette, bien que, comme dit, j’hésite sur l’âge de lecture (qui doit être accompagné par un adulte, au moins au début, pour expliquer les phrases (très simples) au lecteur/à la lectrice. Cela peut être un outil sympa pour répondre aux questions des enfants, ou pour aller à l’encontre des a priori qu’ils rapportent de l’école et de la cour de récréation.
Un autre petit “défaut” résiderait dans les illustrations. Elles sont très jolies mais expérimentales. Elles plairont à un public adulte déjà conquis. Mais pour faire de l’information vers une plus lare population, c’est peut-être un peu maladroit.Je demanderai plus tard l’avis de mamans et papas de mon entourage pour avoir un avis plus proche du public cible 🙂