Monthly Archives: March 2015

Le Choix – Désirée et Alain Frappier

Standard

408783

Titre : Le Choix
Auteur : Désirée et Alain Frappier.
Année : 2015.
Editeur : La Ville Brûle.
Genre : Autobiographie et manifeste.

Nombre de pages : nr.

Public : A partir de 14 ans (à associer à une discussion sur mai 68 et le mouvement féministe)

Quatrième de couverture :

Pourquoi ces voyages en train qui l’emmènent toujours ailleurs, avec pour seule compagnie une valise et une carte famille nombreuse ? Pourquoi ce sentiment de n’être jamais à sa place ? Pourquoi ce slogan réclamant le droit à l’avortement semble-t-il lui être adressé ? Pourquoi ce prénom si peu approprié ? Les réponses à ces questions se trouvent au fond d’un carton oublié dans le grenier de la maison familiale.

Avis :

Une BD coup de poing qui fait mal, très mal, mais que je pense nécessaire. Désirée est une jeune femme seule, jamais à sa place, qui ressent que quelque chose, quelque part, ne va pas entre sa famille (sa mère) et elle. Au fur et à mesure de sa recherche, de ses rencontres, de 1968 à nos jours, Désirée explore le passé familial, mais découvre aussi ce que signifie être une femme dans un monde où leur corps ne leur appartient pas.
Magnifique chronique décrivant, sans jamais être ennuyeux, le long et douloureux parcours jusqu’au droit à l’avortement (toujours remis en question), Le Choix ne dévie pas de son sujet, et n’omets aucune souffrance, notamment, bien entendu, l’ironie du nom que porte Désirée.
Je mettrais quelques réserves sur certaines parties du texte, que j’ai eu du mal à comprendre en première lecture (problème de sujet des phrases, on passe de Désirée à d’autres, et c’est des fois un petit peu compliqué à suivre) mais sinon, Le Choix est un immense coup de coeur, à faire lire à tout le monde, notamment aux adolescentes (ET adolescents) qui s’interrogent (ou non) sur ce qu’est le Droit à l’Avortement et la libération des femmes.

Agent Carter – Marvel Television

Standard

Agent-Carter-poster-570x760

En 1946, à la suite de la Seconde Guerre mondiale, la paix n’a pas aidé Peggy Carter qui se retrouve marginalisée après que les hommes sont rentrés du combat. Alors qu’elle travaille pour le SSR (Strategic Scientific Reserve), Peggy doit trouver un équilibre entre un poste administratif et des missions secrètes qu’elle effectue pour Howard Stark, tout en tentant de vivre sa vie de femme célibataire dans l’Amérique des années 1940, après avoir perdu l’homme de sa vie, Steve Rogers alias Captain America.

En ce 8 mars 2015, sortant d’une grippe sans nom (ou atypique, soit on ne sait pas ce que j’ai mais ça fait mal), je délaisse les documentaires, essais et réflexions théoriques pour vous parler de pulp fiction; Ce genre qui a bercé mes premiers grands émois littéraires et télévisés n’est pas vraiment connu pour être le paradigme du féminisme. Les femmes y sont souvent fétichisées, que ce soit de façon réac (les dominatrices hyper sexualisés d’un Sin City) ou moins réac (tout Tarantino et bon sang que j’aime Tarantino), mais peu y sont prises pour ce qu’elles sont : des êtres humains qui ont la particularité d’être des femmes.
Marvel, outre ses autres défauts (dont des scénarios des fois un peu légers), commence à renouveler la donne. Après avoir dégagé, avec plus ou moins de succès, Pepper Pot de son rôle de pot de fleur (la série des Iron Man), après avoir désexualisé Black Widow (Iron Man 2, Avengers, Captain American: Winter Soldier) pour en faire un “vrai” superhéros, voici l’essai plutôt réussi d’Agent Carter.
Rôle féminin de Captain America, Peggy Carter s’était déjà distinguée dans le film comme étant plus que le simple faire valoir romantique de Steve Rogers. Militaire expérimentée intégrée à un programme spécial de super soldat, renvoyée non pas à la maison mais sur le terrain des combats, Peggy Carter ne se contente pas de faire la belle plante en uniforme. Son personnage ne se définit pas par rapport à Rogers, même si celui-ci va avoir un énorme impact sur sa vie, non seulement sa vie sentimentale, mais aussi sa vie de citoyenne et de soldat. La gentillesse, la générosité et le courage de Rogers vont avoir un impact sur sa vie à elle… même si Peggy Rogers ne sera jamais ni gentille, ni naïve, mais juste très courageuse.
Nous arrivons donc à la série, qui se passe dans les années cinquante. Peggy Carter habite maintenant aux Etats-Unis et travaille dans un service de renseignements. Malgré ses états de fait militaire et son expérience, elle doit porter le café, taper les rapports et répondre au téléphone. Pas d’enquête, pas de terrain pour elle;
Et cette situation grotesque n’est pas le fait uniquement d’un service d’espionnage phallocrate, mais de la société entière.
Obligée à vivre dans un hôtel de jeunes filles, constamment remise à sa place de femme, Peggy Carter partage la vie de ses consoeurs, jeunes femmes de vingt à trente ans, célibataires, mises au chômage dès qu’un ancien militaire peut reprendre le travail qu’elles ont passé toute la guerre à occuper, reléguées à des figures de domestiques, esclaves et fantasmes masculins.
Alors, même si la série d’Agent Carter reste relativement banale en matière d’aventures d’espionnage vintage, le point de vue strictement féminin est un bol d’air bienvenu dans le monde de la pulp fiction.
On pourra regretter une absence de diversité dans le casting (tout le monde est blanc et hétéro) Ceci dit, en matière de série d’espionnage, cela change des séries testostéronnées des flics en costards 🙂

021815_agentcarter_snafutweet