Agent Carter – Marvel Television

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En 1946, à la suite de la Seconde Guerre mondiale, la paix n’a pas aidé Peggy Carter qui se retrouve marginalisée après que les hommes sont rentrés du combat. Alors qu’elle travaille pour le SSR (Strategic Scientific Reserve), Peggy doit trouver un équilibre entre un poste administratif et des missions secrètes qu’elle effectue pour Howard Stark, tout en tentant de vivre sa vie de femme célibataire dans l’Amérique des années 1940, après avoir perdu l’homme de sa vie, Steve Rogers alias Captain America.

En ce 8 mars 2015, sortant d’une grippe sans nom (ou atypique, soit on ne sait pas ce que j’ai mais ça fait mal), je délaisse les documentaires, essais et réflexions théoriques pour vous parler de pulp fiction; Ce genre qui a bercé mes premiers grands émois littéraires et télévisés n’est pas vraiment connu pour être le paradigme du féminisme. Les femmes y sont souvent fétichisées, que ce soit de façon réac (les dominatrices hyper sexualisés d’un Sin City) ou moins réac (tout Tarantino et bon sang que j’aime Tarantino), mais peu y sont prises pour ce qu’elles sont : des êtres humains qui ont la particularité d’être des femmes.
Marvel, outre ses autres défauts (dont des scénarios des fois un peu légers), commence à renouveler la donne. Après avoir dégagé, avec plus ou moins de succès, Pepper Pot de son rôle de pot de fleur (la série des Iron Man), après avoir désexualisé Black Widow (Iron Man 2, Avengers, Captain American: Winter Soldier) pour en faire un “vrai” superhéros, voici l’essai plutôt réussi d’Agent Carter.
Rôle féminin de Captain America, Peggy Carter s’était déjà distinguée dans le film comme étant plus que le simple faire valoir romantique de Steve Rogers. Militaire expérimentée intégrée à un programme spécial de super soldat, renvoyée non pas à la maison mais sur le terrain des combats, Peggy Carter ne se contente pas de faire la belle plante en uniforme. Son personnage ne se définit pas par rapport à Rogers, même si celui-ci va avoir un énorme impact sur sa vie, non seulement sa vie sentimentale, mais aussi sa vie de citoyenne et de soldat. La gentillesse, la générosité et le courage de Rogers vont avoir un impact sur sa vie à elle… même si Peggy Rogers ne sera jamais ni gentille, ni naïve, mais juste très courageuse.
Nous arrivons donc à la série, qui se passe dans les années cinquante. Peggy Carter habite maintenant aux Etats-Unis et travaille dans un service de renseignements. Malgré ses états de fait militaire et son expérience, elle doit porter le café, taper les rapports et répondre au téléphone. Pas d’enquête, pas de terrain pour elle;
Et cette situation grotesque n’est pas le fait uniquement d’un service d’espionnage phallocrate, mais de la société entière.
Obligée à vivre dans un hôtel de jeunes filles, constamment remise à sa place de femme, Peggy Carter partage la vie de ses consoeurs, jeunes femmes de vingt à trente ans, célibataires, mises au chômage dès qu’un ancien militaire peut reprendre le travail qu’elles ont passé toute la guerre à occuper, reléguées à des figures de domestiques, esclaves et fantasmes masculins.
Alors, même si la série d’Agent Carter reste relativement banale en matière d’aventures d’espionnage vintage, le point de vue strictement féminin est un bol d’air bienvenu dans le monde de la pulp fiction.
On pourra regretter une absence de diversité dans le casting (tout le monde est blanc et hétéro) Ceci dit, en matière de série d’espionnage, cela change des séries testostéronnées des flics en costards 🙂

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One response »

  1. Oh, ça m’intéresse !
    J’aimais justement beaucoup le personnage de Carter dans CA (un des rares films que je rechignaient à aller voir et qui m’a agréablement surprise au final).

    (perso, j’aurais détesté vivre dans les années 50, il fallait toujours être parfaite, tout le temps… c’est l’époque où les femmes dormaient avec des bigoudis pour avoir une coiffure sans une mèche qui dépasse ; l’enfer sur terre pour une personne comme moi ! alors certes l’esthétique de l’époque était irréprochable, mais à quel prix !)

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