Monthly Archives: June 2015

Bientôt 50 !

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Après près d’un an et demi d’articles, plus ou moins réguliers, nous allons atteindre le 50ème post !

Pour en faire un petit événement, j’aimerai vous donner, vous, chers/chères lecteurs/lectrices, l’occasion de vous exprimer. Et pour rester dans le cadre et la philosophie du blog, voici ce que je vous propose.

hashtag

Il s’agira de m’envoyer une petite phrase, liée à l’art, au cinoche, à la littérature, à l’éducation, bref ce que vous voulez dans le milieu culturel, et qui met en avant ce que le féminisme vous a apporté. Ou vous apporte encore.
Bref donnez-moi de l’optimisme et des sourires, histoire de voir que le combat a aussi ses petites victoires.

Vous pouvez envoyer tout cela, avec votre nom/pseudo, votre âge, votre ville (les deux derniers en option), à :

domudeigiana [at] gmail.com

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Pelo Malo – Mariana Rondón

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pelomalo

Film vénézuélien.

2013.

Pitch :

Agé de 9 ans, Junior vit à Caracas avec sa mère Marta et son frère de 2 ans. Junior n’est pas un petit garçon comme les autres : c’est ce que pense sa mère, qui n’apprécie par la façon de danser de son fils, bien trop efféminé à son goût. Malgré l’amour sincère que lui porte sa mère, Junior fuit ses soupçons auprès de Carmen, son exubérante grand-mère, qui l’accepte tel qu’il est. Ensemble, ils dansent, s’amusent. Carmen aide même son petit-fils à se lisser les cheveux : le petit garçon ne supporte plus ses cheveux frisés qui lui rappellent ceux de son père…

Mon avis :

Film découvert lors du cinéclub des Droits humains de l’Odyssée, à Strasbourg, au moment de la semaine des visibilités. Le film a été suivi d’un passionnant débat avec une militante des droits des personnes trans*.

Ici il n’est pourtant pas question de transidentité à proprement parlé, mais de destruction totale des genres. Non, pas d’inquiétude, le monde ne s’effondre pas à la fin, mais bien les illusions d’un petit garçon pas assez masculin aux yeux de sa mère.

Loin de tout manichéisme, la réalisatrice use de plans subtiles pour mettre en scène cet affrontement entre une mère et son fils. Comme le fait que toutes les femmes restent à l’intérieur de leurs appartements, risquant les sifflements (et le viol) en sortant, alors que l’extérieur est uniquement habité par des hommes. Comme ces regards pesants de Junior sur le jeune homme qui lui vend des allumettes : regard envieux ou regard amoureux ? On ne le saura jamais.

Il ne fait pas bon être une femme au Venezuela, et la mère de Junior l’a bien compris. L’homophobie dont pourrait être victime son fils est terrible parce qu’être une femme est terrible et dangereux. Elle qui se masculinise, par sa violence, sa froideur, son métier même (vigile), ses relations plus physiques qu’amoureuses, ne veut pas que son fils souffre de cela. Et sa peur s’accroche à l’envie de ce petit garçon de, simplement, se lisser les cheveux.

Et alors que sa copine se vernit les ongles (mais pas trop pour pas « faire pute »), se dandine dans sa serviette sirène et s’illumine dans une robe de miss, Junior se retrouve obligé à obéir, à neuf ans, à des injonctions hyper machistes qui le détruisent.

Et même si le Venezuela peut paraître bien loin de nous, il est inutile de se voiler la face : ce genre de chose se passe aussi chez nous.

Quelques liens pour approfondir le sujet :

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/06/06/feminicides-pourquoi-les-argentins-manifestent_4648644_3222.html

http://www.cestcommeca.net/definition-hp-transphobie.php