Monthly Archives: August 2015

Am I normal yet? – Holly Bourne

Standard

23592235

Titre : Am I normal yet?
Auteur : Holly Bourne.
Année : 2015.
Éditeur : Usborne Publishing Ltdl.
Genre : Chronique adolescente.
Note: non traduit en français pour l’instant.

Nombre de pages : NR.

Public : A partir de 14 ans

Quatrième de couverture :

All Evie wants is to be normal. And now that she’s almost off her meds and at a new college where no one knows her as the-girl-who-went-nuts, there’s only one thing left to tick off her list… But relationships can mess with anyone’s head – something Evie’s new friends Amber and Lottie know only too well. The trouble is, if Evie won’t tell them her secrets, how can they stop her making a huge mistake?

Avis :

Le choc.
Quand on commence à lire une chronique ado, ou même un livre “destiné aux filles” (eurk), il y a toujours des tropes, des constantes auxquelles on s’attend et qu’on sait d’avance qu’on va détester :
– avoir un petit réflexe bizarre (se ronger les ongles, se mordre la lèvre, manger 2l de glace tous les soirs), c’est mignon (ça ne l’est pas)
– vouloir sauver son copain trop mignon parce qu’on est la seule à le comprendre, c’est romantique (ça ne l’est pas)
– être aimée, c’est la solution à tout (ça ne l’est pas)
– partager ses souffrances avec quelqu’un qui vit les mêmes, c’est super chouette (ça ne l’est pas)
– les parents qui te frustrent sont des mauvais parents et ils ne comprennent rien (ils comprennent très bien)
Et ainsi de suite.
Ces tropes que l’on retrouve partout dans la littérature de romance, Holly Bourne les défonce avec allégresse.
Son héroïne n’a pas de réflexes bizarres et mignons, elle est malade, elle le sait et elle en souffre. Et son parcours initiatique (allez, ce terme littéraire n’est pas réservé aux histoires de garçons !) se mange beaucoup d’échec et des prises de conscience qu’il est nécessaire d’avoir. Evie est un personnage extrêmement complexe, et qui réalise, grâce à sa psy, grâce à ses amies, grâce à elle-même aussi, que tout ne se réglera jamais comme dans un conte de fée. Evie n’est pas une rebelle, elle aime Bon Jovi et Twilight, elle cherche une place dans ce monde adolescent où les filles sont des groupies, soumises, résilientes et toujours follement amoureuses.
Ce roman m’a prise aux tripes, certains points se rapprochent tellement de ce que j’ai pu vivre que la lecture a en été difficile par moment.
Mais c’est aussi un roman débordant d’espoir, de combat, de féminisme et des plus belles leçons qu’on puisse recevoir : pas besoin d’être parfait pour vivre, et la normalité n’existe pas.

J’attends la suite avec impatience.

Cindy Van Wilder a rédigé un beau portrait de l’auteure sur son blog 🙂

Advertisements

Si j’étais un rêve – Charlotte Bousquet

Standard

NOTE : pour des raisons de classement, je spoile le livre dans les tags.
Ne les lisez pas si vous n’avez pas lu le livre !!!!

couv20791945

Titre : Si j’étais un rêve
Auteur : Charlotte Bousquet.
Année : 2015.
Éditeur : Flammarion / Tribal.
Genre : Roman épistolaire.

Nombre de pages : 185.

Public : A partir de 14 ans

Quatrième de couverture :

Lina et Nour sont en classe de seconde : l’une vit à Sofia, en Bulgarie, l’autre vit à Saint-Denis. Sous la direction de leurs professeurs, elles entament une correspondance qui tourne aux confidences et une amitié s’installe. Tandis que Lina se révolte contre la corruption des pays de l’Est, Nour cache un grand mal-être. Elles se soutiennent l’une l’autre, jusqu’au jour où Nour devient distante.

Avis :

Quand j’étais en troisième, notre collège a organisé un jumelage avec le lycée français de Plovdiv, en Bulgarie. L’écart d’âge (nous avions 13/14 ans, nos correspondants 17/18) a fait que j’ai “raté” cette rencontre même si je garde du pays, à peine sorti du pouvoir soviétique, un souvenir inaltérable.
Cet étrange parallèle autobiographique m’a interpelé même si l’histoire de Nour et Lina n’a que peu à voir avec la mienne (mais vraiment ça m’a fait sourire du coup j’en parle ;p)
Nour et Lina nous parle de féminisme, de politique, d’engagement, mais aussi d’angoisse, de lâcheté, de secrets et de souffrance. Lina est l’engagée embourgeoisée qui ne s’en rend pas encore compte, et qui vit, un peu, la vie rêvée  des héroïnes modernes, à la fois très au courant des injustices du monde, et capable de s’en protéger en refermant la porte de sa maison. Nour est (beaucoup) plus secrète et à son secret s’attachent toutes les interrogations du lecteur et de la lectrice : qui est-elle vraiment ? Exclue ? Fille censurée par une famille conservatrice ? Malade ? Lesbienne cachée ?
Qui est Nour et surtout, qu’est-ce qu’elle nous renvoie comme image de l’exclusion ?
Avec une plume qui ne noie jamais ses deux personnages, Charlotte Bousquet nous offre, derrière un roman court et direct, quelques heures de réflexions bienvenues dans une époque où l’identité interroge tout le monde (et où on a tendance à oublier ceux qu’elle concerne directement)
J’en suis ressorti aussi avec quelques litres de larmes en moins (même si cela se finit “bien”