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Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers – Benjamin Alire Saenz

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9782266253550

Titre : Aristote et Dante découvrent les Secrets du l’Univers
Auteur : Benjamin Alire Saenz.
Année : 2015 (2012 édition originale)
Éditeur : Pocket Jeunesse / PKJ.
Genre : Chronique adolescente.

Nombre de pages : 361.

Public : A partir de 14 ans

Quatrième de couverture :

Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n’ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais… C’est donc l’un avec l’autre, et l’un pour l’autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l’univers.

Avis :

Je n’aime pas particulièrement les titres à tiroir,et j’aurai volontiers laissé le livre sur sa table de présentation si la libraire ne me l’avait pas mis d’office entre les mains. Entrée un soir dans le monde et la tête de Ari, entre ses 15 et ses 18 ans, j’en suis ressortie 24 h plus tard, des larmes plein les yeux et l’impression de m’être prise une tranche de vie en pleine tête.

Ari est un benjamin, dernier né, tardivement, d’une famille latinos qui a déjà vécu la violence. Celle d’un frère aîné, fantôme invisible que Ari sait avoir aimé un jour, mais dont l’absence (il est en prison, personne ne parle de lui) le ronge jusqu’à l’obsession. Des parents trop aimants mais réservés, une famille pleine de silence et de secrets, où Ari cherche sa place entre “bon garçon” et “et si j’étais un voyou ?”.

Arrive Dante, son sourire, son statut de fils unique, ses parents aussi latinos mais moins, eux aussi ouverts sur le monde comme leur fils.

Le coup de foudre ? Dans la vie vidée, insensée (sans sens pour lui) de Ari, c’est impossible. Il n’existe pas lui-même, alors les sentiments non plus. Et toute cette colère rentrée de « gentil garçon », cette honte qu’il ne comprend pas, vont le faire souffrir, insidieusement, jusqu’à menacer sa relation avec Dante.

En lecture, on a presque l’habitude des Dante, ces gamins qui se cherchent et se perdent un peu, leur optimisme se prenant la vie réelle avec violence. On a moins l’habitude des Aristote, des silencieux, de ceux qui ne comprennent pas et vivent avec un peur si énorme qu’ils en disparaissent quand il ne la retourne pas contre ceux qui tentent de les approcher.

Aristote et Dante découvrent les Secrets de l’Univers est un livre magistral.

La fin est bouleversante, même si elle peut paraître téléphonée à certains lecteurs.

Et puis, encore une fois l’auteur comprend, qu’avant de tomber amoureux, avant d’assumer l’amour d’un autre, il est des fois nécessaire de se réparer un peu tout seul.

Am I normal yet? – Holly Bourne

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Titre : Am I normal yet?
Auteur : Holly Bourne.
Année : 2015.
Éditeur : Usborne Publishing Ltdl.
Genre : Chronique adolescente.
Note: non traduit en français pour l’instant.

Nombre de pages : NR.

Public : A partir de 14 ans

Quatrième de couverture :

All Evie wants is to be normal. And now that she’s almost off her meds and at a new college where no one knows her as the-girl-who-went-nuts, there’s only one thing left to tick off her list… But relationships can mess with anyone’s head – something Evie’s new friends Amber and Lottie know only too well. The trouble is, if Evie won’t tell them her secrets, how can they stop her making a huge mistake?

Avis :

Le choc.
Quand on commence à lire une chronique ado, ou même un livre “destiné aux filles” (eurk), il y a toujours des tropes, des constantes auxquelles on s’attend et qu’on sait d’avance qu’on va détester :
– avoir un petit réflexe bizarre (se ronger les ongles, se mordre la lèvre, manger 2l de glace tous les soirs), c’est mignon (ça ne l’est pas)
– vouloir sauver son copain trop mignon parce qu’on est la seule à le comprendre, c’est romantique (ça ne l’est pas)
– être aimée, c’est la solution à tout (ça ne l’est pas)
– partager ses souffrances avec quelqu’un qui vit les mêmes, c’est super chouette (ça ne l’est pas)
– les parents qui te frustrent sont des mauvais parents et ils ne comprennent rien (ils comprennent très bien)
Et ainsi de suite.
Ces tropes que l’on retrouve partout dans la littérature de romance, Holly Bourne les défonce avec allégresse.
Son héroïne n’a pas de réflexes bizarres et mignons, elle est malade, elle le sait et elle en souffre. Et son parcours initiatique (allez, ce terme littéraire n’est pas réservé aux histoires de garçons !) se mange beaucoup d’échec et des prises de conscience qu’il est nécessaire d’avoir. Evie est un personnage extrêmement complexe, et qui réalise, grâce à sa psy, grâce à ses amies, grâce à elle-même aussi, que tout ne se réglera jamais comme dans un conte de fée. Evie n’est pas une rebelle, elle aime Bon Jovi et Twilight, elle cherche une place dans ce monde adolescent où les filles sont des groupies, soumises, résilientes et toujours follement amoureuses.
Ce roman m’a prise aux tripes, certains points se rapprochent tellement de ce que j’ai pu vivre que la lecture a en été difficile par moment.
Mais c’est aussi un roman débordant d’espoir, de combat, de féminisme et des plus belles leçons qu’on puisse recevoir : pas besoin d’être parfait pour vivre, et la normalité n’existe pas.

J’attends la suite avec impatience.

Cindy Van Wilder a rédigé un beau portrait de l’auteure sur son blog 🙂

Sous l’armure – Catherine Anne

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Titre : Sous l’armure
Auteur : Catherine Anne.
Année : 2013.
Editeur : L’Ecole des Loisirs.
Genre : Théâtre.

Nombre de pages : 79.

Public : Adolescents.

Quatrième de couverture :

Au château de Monseigneur, l’atmosphère n’est pas à la fête. Une guerre se prépare et Monseigneur est bien décidé à la gagner. Mais avant de la mener, il prend deux décisions. Sa fille Christine sera enfermée dans un couvent ; quant à son fils adoptif, Thibaut, il l’accompagnera sur le champ de bataille. Telle est sa volonté et malheur à celui qui songerait à s’y opposer. Or Christine, l’intrépide, refuse d’étouffer sous un voile et Thibaut, le sensible, refuse de verser le sang. Et sils changeaient de rôle.

Avis :

Voilà un petit livre que j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres il y a quelques mois : ô surprise ! Voici qu’une amie allait me forcer à lire du théâtre, média avec lequel je n’ai jamais eu vraiment d’atomes crochus. Mais allons-y, lisons !

Et si je n’accroche toujours pas à la forme théâtrale, surtout en lecture, j’avoue avoir été très agréablement surprise par Sous l’armure. Car la « masculinité » de Christine et la « féminité » de Thibaut sont un peu plus subtils que ce qu’on pourrait penser au premier abord. La guerre n’a rien d’héroïque et, malgré le gage de paix, son horreur est bien soulignée (sans qu’on la voit jamais, tout est dans le discours) ; et Thibaut combat, oui, mais pour des raisons autres que le pouvoir. On y trouve aussi quelques piques contre la religion et une jolie conclusion.

Je conseille cet ouvrage à tous ceux qui aiment le théâtre, et à tous ceux qui souhaiteraient faire jouer cette jolie pièce à leurs enfants, filles et garçons !